Cancer du sein : les vrais facteurs de risque, avec une radiologue
Un cancer dans la famille, le traitement de la ménopause, le déodorant : que répondre aux patientes qui s'interrogent sur leur risque de cancer du sein ?

Un cancer dans la famille, le traitement de la ménopause, le déodorant : que répondre aux patientes qui s'interrogent sur leur risque de cancer du sein ? Le Dr Johanna Daroles, radiologue à la clinique Arnault Tzanck de Mougins, répond sans blouse, de professionnel à professionnel, aux questions de Quizy : ce qui compte vraiment, ce qui reste minoritaire, et les idées reçues à déconstruire.
Un cancer dans la famille, le traitement de la ménopause, le déodorant : que répondre aux patientes qui s'interrogent sur leur risque de cancer du sein ? Le Dr Johanna Daroles, radiologue à la clinique Arnault Tzanck de Mougins, répond sans blouse, de professionnel à professionnel, aux questions de Quizy : ce qui compte vraiment, ce qui reste minoritaire, et les idées reçues à déconstruire.
Transcription de l’épisode
Quizy : Vos questions sur le cancer du sein : ce que vos patientes demandent vraiment. Une radiologue vous répond, sans blouse, de professionnel à professionnel.
Quizy : Pour commencer : qui répond à vos questions ?
Dr Johanna Daroles : Bonjour à toutes et à tous. Je suis Johanna Daroles, radiologue, installée à la clinique Arnault Tzanck, à Mougins, et en particulier très investie dans l'Institut du cancer de Mougins. Mon activité principale est consacrée à l'imagerie de la femme, et en particulier au dépistage des cancers du sein, que ce soit chez les femmes sans risque ou chez les femmes à risque.
Je suis là aujourd'hui pour vous parler, sans ma blouse, de professionnel à professionnel, de la façon dont on peut aborder avec les patientes leur angoisse, leurs questions concernant Octobre rose, mais pas que : leurs facteurs de risque, et ce qui peut leur arriver en radiologie, lorsqu'elles viennent faire une mammographie.
Quizy : Un cancer dans ma famille : suis-je à risque ?
Dr Johanna Daroles : Beaucoup de patientes sont inquiètes de leur risque de cancer du sein. Il faut savoir que ce risque est évalué de façon assez simple, par les facteurs de risque familiaux, qui sont les facteurs de risque principaux de ce cancer.
Un cancer du sein dans la famille, aux alentours de 50 ans ou après, n'est pas réellement un facteur de risque pour une patiente. Elle va rester dans la tranche de risque moyenne, c'est-à-dire comme toutes les femmes, avec un risque de base assez élevé dans la population, qui est d'une femme sur huit au cours de sa vie, quels que soient ses antécédents.
Ce n'est qu'à partir de deux ou trois cas dans la famille après 50 ans, ou à partir de cas survenus très jeunes au premier degré, que l'on va commencer à s'interroger sur un risque additionnel pour la patiente concernée.
Quizy : Le traitement de la ménopause augmente-t-il le risque ?
Dr Johanna Daroles : Beaucoup de patientes vous poseront des questions sur les autres facteurs de risque de cancer du sein, notamment les expositions hormonales, comme le traitement de la ménopause. Il y a effectivement un faible sur-risque, qui reste à évaluer au cas par cas, en fonction de la durée et du type de traitement pris.
Aujourd'hui, en tout cas chez une patiente sans facteur de risque, il ne faut surtout pas la stresser avec ça. Ces patientes sont de toute façon surveillées selon le rythme habituel, en fonction des facteurs de risque dominants, qui sont les facteurs de risque familiaux, et non leur traitement hormonal.
Quizy : Le déodorant donne-t-il le cancer du sein ?
Dr Johanna Daroles : Le déodorant ou les soutiens-gorge à armature : ce sont des idées totalement à déconstruire. Aucune étude scientifique n'a établi de lien entre ces habitudes de vie et le cancer du sein.
Quizy : Dernière question : alors, quels sont les vrais facteurs de risque ?
Dr Johanna Daroles : Il y a bien d'autres facteurs de risque, qui sont minoritaires mais plus ou moins identifiés : le surpoids, avec au sein du tissu graisseux une production d'œstrogènes, donc une surexposition hormonale, mais également la consommation d'alcool de façon régulière.
L'allaitement serait plutôt un facteur protecteur. Mais les patientes qui ont allaité des enfants ne doivent pas se sentir totalement exclues du risque, puisqu'il faut avoir allaité beaucoup d'enfants, et très longtemps, pour avoir un petit bénéfice : le facteur de protection reste de toute façon très limité.
Quizy : Merci Docteur Daroles ! Une question au comptoir ? Posez-la, nous la transmettons. Abonnez-vous pour la suite !







